Visions nocturnes - Balade et méditation

Balade et méditation

Balade et méditation

Cet espace se veut une invite à une randonnée à travers les voies de la vie. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui me rejoindraient sur ce parcours où nous ferons des haltes pour nous ressourcer.

Visions nocturnes

Publié par Idir Ait Mohand sur 9 Août 2014, 20:05pm

Je sais qu’un jour je serai libéré, débarrassé des contraintes de la vie, ce beau cadeau mais empoisonné, sachant qu’un jour il me sera repris. Dès l’instant d’un rendez-vous donné, et juste avant de lancer mon premier cri d’angoisse et de peur de ma destinée, l’ange chargé de mission me dit :

Voici une offrande que Dieu t’a donnée, prends soin de ce qui est prédit, trace ton chemin, suis-le sans bifurquer et fais attention de ne pas zigzaguer. Dans toute la pureté du nouveau-né, j’ouvris les yeux et à l’ange je souris. Dans mon innocence, je me sentis protégé des démons et autres diableries.

Mais tout cela ayant une courte durée, immaculé et intact, je n’avais rien compris. Si seulement je savais ce qui m’attendait, je lui aurais demandé de repartir avec lui. L’ange s’envola me laissant enchanté de découvrir le monde et ses drôleries. De n’importe quoi je m’amusais, joyeux et radieux, je m’en étais réjoui.

Enfant, je quittais mon berceau de bébé pour faire connaissance avec la supercherie. Peu à peu, je prenais conscience de la réalité, jouant comme tout le monde à la tromperie. Adolescent, ni ange ni démon, attiré par les plaisirs qu’offre la vie, je humais tout ce qui se présentait devant moi avec gloutonnerie.

Quelquefois un rêve devenait réalité, mais souvent ce n’était qu’une utopie. Insouciant et crédule, je l’étais jusqu’au jour de ma majorité. Là, les tracas et les plaisirs se sont entremêlés, il fallait vivre avec et dépasser les soucis. Ah ! Si seulement cette jeunesse savait, j’aurais refait mes comptes avec minutie.

Qu’à cela ne tienne, sur ma voie j’ai foncé droit devant avec des œillères sans avoir réfléchi. Au bout du chemin, j’étais piégé tel un gibier dans les rets, j’étais pris.      Mon célibat que j’ai mis de côté, m’aura coûté des déboires, et ce fut ainsi que je devins le papa et l’adulte engagé pour jouer le rôle qui m’était réparti.

Corps et âme, je fus totalement impliqué dans une rude bataille et j’ai combattu sans répit afin d’atteindre l’objectif qui m’était assigné et avoir le sentiment du devoir accompli. Aujourd’hui, je me sens plus triste que jamais devant l’ignorance de tous ces érudits qui s’octroient le titre d’hommes cultivés et qui font la loi à laquelle je suis soumis.

Heureusement que cela n’est que passager, puisque le jour fatal viendra où c’en sera fini de tout et de rien. Il ne restera même pas la fumée du brasier qui aura certainement raison de la gabegie. Après ça, c’est l’inconnue et personne ne sait si cette dimension s’étendant à l’infini, donnera lieu à un nouveau progrès qui viendrait démontrer et imposer sa suprématie.

PS/ En relisant ce texte, je m’aperçois qu’il y a une rime que je n’ai pas voulue, mais qui peut être lue sous la forme d’un poème.

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