A mon ami l'écrivain méconnu - Balade et méditation

Balade et méditation

Balade et méditation

Cet espace se veut une invite à une randonnée à travers les voies de la vie. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui me rejoindraient sur ce parcours où nous ferons des haltes pour nous ressourcer.

A mon ami l'écrivain méconnu

Publié par Idir Ait Mohand sur 4 Mai 2015, 21:17pm

Toi l’auteur inconnu, toi qui sais regarder derrière les choses qui cachent l’invisible, toi qui sens le souffle du vent enlacer les oliviers, toi qui écoutes les paroles des muets, toi qui lèves les yeux vers le ciel pour voir l’imperceptible, toi qui sais entendre l’inaudible, dis-moi comment fais-tu pour éveiller tes sens.

Je voudrais tant être comme toi, me projeter vers l’autre et, à travers lui, me regarder tel que j’aurais dû être, sans vices ni défauts. Je rêve d’être cette personne imaginaire, capable de semer le bonheur sur terre, mais cela n’est qu’une vision et si le songe est permis, la réalité fausse toutes les données.

Sais-tu qu’il m’est souvent arrivé de vouloir sentir le parfum des matins de mai, de toucher la rose et ses épines qui l’enrobent, de goûter au fiel de la vie amère et le partager avec les affligés qui le boivent jusqu’à la lie.

J’écoute et j’entends la nature me dire toute sa souffrance devant l’homme qui lui inflige tant de supplices. Je regarde et j’essaie de comprendre pourquoi ces glorifiés ne reculent devant aucun obstacle pour assouvir leurs fantasmes. Je les entends, ces assoiffés indétrônables du pouvoir absolu qui parient sur des milliers de têtes, qu’ils iraient jusqu’au bout de leur jouissance meurtrière.

En spectateur accablé, j’écoute et je lis toute la tristesse de ces personnes éprises de liberté et de paix face à l’injustice des hommes. Je vois ces pauvres gens qui n’ont d’autres choix que de courber l’échine quand passe la canaille. J’apprends à m’observer moi-même et je me questionne tout le temps sans trouver de réponse à mes interrogations.

Je voudrais laisser libre cours à mes sens sans qu’ils soient censurés par le dictat des oppresseurs. Je voudrais voir, entendre, toucher, sentir et goûter les quatre saisons en toute liberté.

Je rêve de voir valser une rose parmi les mille et une fleurs d’un printemps luxuriant. Je rêve de faire un rêve éveillé par une belle nuit d’été et sa pleine lune faisant des câlins aux collines qui m’entourent. Je voudrais que nos sentiers escarpés soient des allées de promenades pour les amants d’un automne poétique qui rajoute un plus aux feuilles mortes de Jacques Prévert. Je voudrais que les longues nuits d’hiver et ses journées de mauvais temps soient des moments emplis de chaleur et de bien-être pour les démunis.

Je voudrais aussi ne plus entendre le mensonge qui nous est parvenu de loin dans le but d’étouffer la vérité, toute la vérité d’un peuple rendu ignorant par la fourberie. Je voudrais également ne plus voir, ni entendre la bêtise se moquer de la raison.

Toi qui graves sur les cimes que la neige recouvre, Toi qui écris sur le sable du désert que le vent disperse, toi qui écris sur la plage que les vagues caressent, affûte ta plume mon ami et dis-leur toute la tourmente qui m’étreint.

Prends soin de bien ciseler tes mots, va rejoindre ta montagne et d’en haut, lâche tes fibres et tes vers les plus beaux. Ecoute le vent, les nuages et les eaux, Ecoute le gazouillis des oiseaux et tu verras que si tu étais né aigle ou même étourneau, tu aurais été plus heureux parmi les condors et autres passereaux.

Affine ta voix Amigo, chante la colombe et le rameau, tes symboles de paix et ton porte-drapeau. Eveille tes sens Guérilléro, fais parler ton égo, improvise ton appel qui fera des échos au-dessus des monts et des vaux.

Dis-leur que si les hommes naissent égaux, d’une voix naquirent tous les maux de la planète. Fais-leur savoir qu’il avait suffi d’une seule voix pour rendre les hommes inégaux. Fais-leur comprendre que toutes les zizanies ont pour origine le mensonge sciemment fabriqué pour mieux régner.

Toi qui parles aux oiseaux, toi qui respectes les animaux, toi qui donnes un autre sens aux végétaux, serais-tu doué d’un sixième sens ? Et si c’est le cas, indique-moi le chemin qui mène vers la plénitude.

Nous sommes sociaux !