Awal du kabyle comme Parole - Balade et méditation

Balade et méditation

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Cet espace se veut une invite à une randonnée à travers les voies de la vie. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui me rejoindraient sur ce parcours où nous ferons des haltes pour nous ressourcer.

Awal du kabyle comme Parole

Publié par Idir Ait Mohand sur 2 Mai 2015, 13:49pm

"L'homme se tient par la langue et non par l'oreille" (Sentence du terroir)

Si la parole est d’argent, le silence est d’or, dit un proverbe. A mon humble avis, ni l’un ni l’autre ne sont ni d’argent ni d’or. En effet, la parole peut blesser ou même tuer et le silence peut rendre son auteur complice d’une situation donnée où se taire équivaut à une traîtrise réprouvée par la morale. Donc, quelle serait l’attitude à adapter devant ce dilemme ? Pour les auteurs, poètes et chanteurs, il existe un chemin intermédiaire : celui qui contourne l’expression pour dire les mots dans une métaphore que personne ne peut comprendre. Dans ce cas précis, il ne sert donc à rien d’utiliser un langage de sourd pour se lancer dans un monologue comme je le fais en ce moment en écrivant ce texte.

Si dans ma tête tout est clair, qu’en sera-t-il dans l’esprit de l’aède auquel je m’adresse ? Saura-t-il interpréter ce dont j’ai envie de parler ? Comme par exemple : réfléchir sur la portée d’un mot mal perçu par un protagoniste qui réplique par un autre mot, puis s’en suit une escalade d’échanges de mots virulents qui conduisent à une échauffourée. Il y a les mots qui blessent, les mots qui dépriment, les mots qui tuent… la liste est longue. Si les mots sont souvent la source de tous les maux, ils sont aussi une source de bien-être. Il y a les mots qui enchantent, les mots qui font rêver, les mots qui redonnent de l’espoir, les mots qui font revivre, les mots qui bercent, les mots qui endorment, les mots qui réveillent…et ainsi de suite.

Si la parole est d’argent, le silence est d’or ! De cette sentence, on peut tirer quatre cas de figure :

1 – Parler et prendre le risque de faire un mauvais choix.

2 - Se taire et accepter de devenir complice face à une injustice.

3 - Dire les choses indirectement et être incompris.

4 - Parler comme le fait un dérangé et accepter de passer pour un fou.

Dans le premier cas, la parole peut être d’argent si elle est dite dans le sens du bien. A l’inverse, elle peut être une balle d’argent et tuer. Dans le second cas, le silence peut être d’or pour la personne capable de supporter son poids. En effet, une personne honnête, ne peut pas accepter une charge aussi lourde de remords qui lui écraserait la cervelle et dont les tortures à vie sont inacceptables. Dans le troisième cas, les mots du poète n’ont de valeur que s’ils sont dits sans zigzag pour ne pas parler dans le vide. Reste donc la parole du marginal qui dit explicitement sa pensée en vociférant des insultes à l’adresse de tout le monde. Les gens dont il se marre et qui ne voient en lui qu’un malade à plaindre et non à blâmer, sont eux aussi à plaindre. Puis on finit par se marrer les uns des autres, se blâmer mutuellement et tant pis si on est plus de fous pour mieux en rire.

Depuis toujours, la parole de l’être humain n’a fait que tuer, qu’elle soit de plomb, de bronze ou de métal quelconque, elle continue de faire des ravages. Ceci dit, heureusement qu’il existe une parole parvenue jusqu’à nous sous une forme de message codé dans la conscience de chacun. Cette parole de vérité abstraite que l’homme interprète à sa manière, nous guide, nous oriente et nous dicte la voie à suivre. Ce don indéfinissable et indéchiffrable qui loge dans l’esprit de chaque individu normalement constitué, peut se résumer en une simple phrase accessible à tout être humain : « Tu ne tueras point ».

Ainsi parlait Zarathoustra et ainsi parlait tel ou tel autre décomposé depuis des lustres, mais vivant par la parole.

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