Une trilogie de débiles - Balade et méditation

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Cet espace se veut une invite à une randonnée à travers les voies de la vie. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui me rejoindraient sur ce parcours où nous ferons des haltes pour nous ressourcer.

Une trilogie de débiles

Publié par Idir Ait Mohand sur 6 Mai 2015, 18:44pm

Elle va avoir bientôt 53 ans, un âge raisonnable qui aurait pu la combler de bonheur tant sa richesse est indéfinie. Cette grande dame, d’une beauté sublime, possédant tous les atouts pour être heureuse, est accablée par ses trois fils nés d’un mariage informel et porteurs d’un syndrome que, ni la médecine, ni la science, ni même la philosophie n’arrivent à cerner. Il s’agit d’un handicap psychomoteur hérité d’une ascendance métissée de plusieurs races dont la plus ambigüe est d’origine bédouine.

L’affligée maman a perdu tout espoir quant à un éventuel traitement pouvant soulager l’état de santé de ses trois enfants qui montrent des signes de démence allant crescendo ces dernières années. En effet, l’état de santé de ses trois fils malades, s’est considérablement aggravé depuis qu’un cheikh avait tenté de les traiter par une « Roqya » et quelques amulettes qui s’avéreront d’une contre-indication formelle.

Depuis cette histoire abracadabrante, la malchanceuse maman s’est résignée à son triste sort et encaisse sa souffrance avec dignité. Les soubresauts en cascades ainsi que les déboires et les désillusions qu’elle a subis tout au long de sa vie, n’ont pas réussi à la faire plier. Bien que sa fierté soit entachée par la débilité de ses enfants, elle reste toujours debout malgré tout. Mais, jusqu’à quand, tiendra-t-elle le coup ? Jusqu’où, supportera-t-elle tous les regards qu’elle subit de toutes parts. Du regard haineux au regard pitoyable en passant par le regard jaloux, la digne héritière d’un passé historique, n’en peut plus.

Convoitée et désirée depuis toujours, l’amante aux multiples charmes a toujours refusé les alliances et s’est toujours sacrifiée pour sa progéniture que le destin lui a infligée en dépit de toutes les lois. Malgré son surmenage dû à la maladie de ses fils, la grande dame ne veut pas céder à la panique et tente de refaire surface pour ne pas sombrer au fond des abysses. Ce serait dommage qu’elle aille rejoindre ses consœurs qui s’ébattent dans un mélo-merde et qui ne sont pas prêtes d’en sortir.

L’infortunée lady, impuissante et désarmée face à ses trois fils qui font les clowns un peu partout quand ils ne sont pas fortement agités, encaisse les soubresauts de son histoire. L’aîné des trois frères, est le plus dangereux. Sournois et schizophrène, c’est lui le meneur qui organise toutes les bouffonneries. Au summum de son délire, et à l’approche de chaque événement, il brandit l’emblème familial et rabâche son discours à toute la population. Aux urnes citoyens, dit-il à haute voix à qui veut l’entendre et même ceux qui refusent de l’entendre.

Le second des frères, est un fou de Dieu qui se croit investi d’une mission divine pour illuminer les esprits et faire tomber le voile, pas celui des femmes, mais celui qui empêche les gens de voir l’au-delà où la vie y est éternelle et sans aucune comparaison avec celle d’ici-bas. Suivez- moi, je vous montrerai le chemin qui mène vers le bonheur absolu où règne la vraie justice, ne cesse-t-il de s’égosiller jusqu’à perdre la voix.

Le benjamin de cette lignée hors normes, est le moins atteint psychiquement, mais il n’en demeure pas moins qu’il est aussi taré que ses aînés. Tel un caméléon, il est capable de changer de couleur à tout moment ou devenir une girouette pour virer au gré du vent quand le besoin de s’enrichir se fait sentir. Rejoignez-moi, je vous ouvrirai les portes du monde civilisé et on dansera ensemble sur le podium des grandes nations, promet-il à l’assistance obnubilée par son discours.

Le 5 juillet prochain, la pauvre Lady qui s’habillait de blanc autrefois, aura bouclé ses 53 ans. Elle sait que tous les espoirs en un avenir meilleur, ne seraient qu’une fantaisie. Ses aliénés de fils, pour ne pas dire autre chose, étant atteints d’une maladie héréditaire, il serait vain de croire que leurs descendances seront épargnées par le haut-mal dont souffriront, fatalement, les futures générations.

L’image de cette mère-patrie qui mérite sa place de vedette incontestable parmi ses congénères, n’est plus qu’un spectre qui hante ses 2 381 741 km2. Ses 1200 km de cote, ses montagnes, ses hauts plateaux ainsi que son désert, ne sont plus que des terrains vagues où végète une population qui a perdu son identité et tous ses repères pour n’être rien du tout. Comme ça fait mal, très mal de voir la mère-patrie abusée, bafouée, livrée en pâture par ses propres enfants aux requins de tous bords. 

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