Quand la bêtise toise l'intelligence - Balade et méditation

Balade et méditation

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Cet espace se veut une invite à une randonnée à travers les voies de la vie. Je souhaite la bienvenue à celles et ceux qui me rejoindraient sur ce parcours où nous ferons des haltes pour nous ressourcer.

Quand la bêtise toise l'intelligence

Publié par Idir Ait Mohand sur 9 Août 2014, 20:28pm

« Si la barbe suffisait à la sagesse, un bouc vaudrait Platon ». Cette sentence de Lucien de Samosate, sied parfaitement à un familier devenu depuis peu de temps, un pratiquant à la manière de pas mal de gens qui croient que la barbe et la gandoura suffisent à se faire repérer par l’ange Marouan afin de leur ouvrir les portes du paradis le jour du jugement dernier.

Eh bien oui, comme à chaque période du  pèlerinage, notre Hadj aux multiples titres, va à la Mecque pour laver ses os de tous les péchés qu’il a cumulés durant l’année. Ce pirate qui ne se sent pas gêné par les affaires louches, justifie ses actions par l’idée que tout commerce est hallal. Donc, il s’autorise tous les excès afin de gonfler sa fortune et se faire une distinction en donnant quelques miettes aux mosquées, mais jamais aux nécessiteux si proches de lui soient-ils.

En effet, lorsqu’il s’agit d’équiper une mosquée en climatiseurs, il n’hésite pas à les offrir car il sait que l’information finirait par circuler et on parlera de lui. Par contre, aider sa parente qui le sollicita pour un prêt d’une petite somme d’argent dont elle a besoin pour refaire la toiture de sa maison avant la saison hivernale, il n’en est pas question.

Ce mec qui a tourné la veste il n’y a pas longtemps, a fait un virage à 180 degrés au gré du vent pour rejoindre ceux qui jurent par tous les saints que l’homme n’a jamais été sur la lune ! Ce jour-là, notre Hadj qui était à bord de son 4x4 dernier cri, s’arrêta devant moi pour me gaver d’une de ces répliques dont je n’apprécie ni la teneur, ni la formule.

- Bonjour Idir, ouf… comme il fait chaud aujourd’hui ! Me dit-il en ouvrant la vitre de sa voiture d’où se dégageait une fraicheur mêlée d’une senteur d’un parfum importé de je ne sais où.

- Même ceux qui vivent sous des températures extrêmes dans des abris de fortune, qui n’ont pas l’eau courante et qui n’ont pas d’électricité, ni de quoi se rassasier, ne disent pas qu’il fait chaud, lui répondis-je.

Bien évidemment, le « hadj » n’ose même pas une pensée à toutes les misères des pauvres gens qu’il ne saurait voir. Lui, qui possède en son domicile une climatisation centrale, une piscine réfrigérée et tout le confort des nouveaux bourgeois qui se gavent de tous les plaisirs qu’on achète avec un argent mal acquis, rejette la détresse des autres.

Le matin, quand il quitte son lit pour aller rejoindre ses bureaux, l’espace qu’il franchit sous le soleil avant d’entrer dans le hall de son entreprise bien réfrigérée à l’intérieur, lui procure un certain plaisir. Lorsque la température ambiante lui effleure le visage, il marque le pas afin de se délecter et jouir de son statut d’homme au-dessus de la mêlée.

Tout cela ne m’agace pas outre mesure. Ce qui me contrarie, c’est quand il tente de me faire avaler n’importe quoi en reprenant l’idée reçue qui renvoie à la préhistoire. Malgré son niveau d’instruction, notre Hadj a rejoint le camp des adeptes d’un autre âge qui voudraient nous rabaisser à l’époque de l’hominidé qui marchait à quatre pattes !

L’envie d’adopter cette position, m’a saisi dès que notre « savant Hadj », oubliant la chaleur, s’est mis à me parler avec un langage ténébreux puisé dans la nuit des temps. Mince alors, l’homo sapiens a eu tort de se mettre debout, il aurait dû rester dans sa position initiale, ai-je pensé. Quand la bêtise toise l’intelligence, il ne reste plus aux savants du monde entier qu’à revoir leur théorie et s’abstenir de faire des recherches scientifiques, mais surtout oublier « Curiosity » et ses divagations martiennes.

Les savants ont les moyens de procéder à une remise en ordre des esprits encrassés pour peu qu’ils veuillent bien se pencher sur le sujet, à moins que certains intérêts en dépendent. Au secours !

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